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[planningfamilial56] - A Lyhanna et tous les enfants victimes
Publié le jeudi 11 juin 2026.
COMMUNIQUÉ DU PLANNING FAMILIAL DE QUESTEMBERT
Pour Lyhanna et tous les enfants victimes
Le Planning Familial de Questembert combat et combattra toujours la pédocriminalité et les crimes commis contre les enfants.
Contrairement à ce qu’en dit l’instrumentalisation politique et médiatique, le meurtre de Lyhanna n’est pas la conséquence d’une seule défaillance judiciaire, comme l’affirment Gerald Darmanin et Emmanuel Macron. Il est la conséquence d’une défaillance totale et systémique de la justice, dénoncée depuis longtemps par les agent.es de la justice elle-même, les associations et les collectifs féministes et enfanstistes.
Quelle hypocrisie de s’indigner sur le dos de ce meurtre sordide !
Quelle hypocrisie de se scandaliser alors que ces mêmes individus politiciens ont fait la commande d’une enquête indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles sur les enfants : la CIVIISE, dont le rapport a été rendu en 2023 avec 82 préconisations dont 80 % n’ont toujours pas été appliquées.
Quelle hypocrisie quand l’an passé la cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour ne pas avoir traité « correctement » les plaintes pour viol commis sur mineures. On le rappelle : 160 000 enfants sont incesté.es et violé.es par an en France, en moyenne le délai après une plainte pour violences sexuelles sur mineur.es est de 2 ans et demi, 95 % des plaintes sont classées sans suite. Il y a 4 fois moins de procureurs et 2 fois moins de juges que la moyenne européenne. La France est le 5ème pays européen hébergeur de contenus pédopornographiques. L’OFMIN (service national policier chargé de la lutte contre les infractions commises à l’encontre de mineurs) reçoit entre 700 et 900 signalements par jour. Seulement 5 % des signalements sont traités.
Interpelés maintes fois par les syndicats de la magistrature, des syndicats d’avocats, des associations de victimes, la CIVIISE, les associations féministes et enfanstistes, Gerald Darmanin et Emmanuel Macron se dédouanent et se déresponsabilisent totalement face à ce énième drame. Emmanuel Macron a dit ne vouloir entendre « aucun argument de moyens dans cette affaire ». C’est une honte !
Les membres de la CIVIISE et les collectifs féministes et enfanstistes ont préconisé, en amont de l’appareil judiciaire : la mise en place de dispositifs de prévention dès le plus jeune âge, le renforcement du dépistage systématique des violences dans les métiers du soin, du social et de l’éducatif, la formation des professionnel.les au repérage des violences, la prise en charge des victimes etc etc.
Au Planning Familial, engagées et formées sur les violences faites aux enfants, on attend toujours les moyens !!!
Au-delà de la question judiciaire, qui est une justice de classe et une justice patriarcale, une justice du 2 poids 2 mesures : Un Patrick Bruel sera rappelé systématiquement « présumé innocent », comme tous ces camarades violeurs : Depardieu, Darmon, Hulot, Poivre d’Arvor, DARMANIN (ministre de l’intérieur, puis de la justice), alors qu’un violeur et meurtrier inconnu, en milieu rural sera la parfaite figure du monstre et jeté en pâture. Le système pro-viol, adultiste (domination des adultes sur les enfants), patriarcal fabriquent ces dits monstres. La montée en flèche des courants masculinistes en est également un des facteurs que l’on combat au Planning Familial.
Les violences sexuelles commises sur les enfants est un continuum des violences faites aux enfants : il démarre des violences éducatives ordinaires (des blagues sur les enfants, de la non considération et la non prise en compte des enfants, du chantage, du non-consentement, des punitions etc.) jusqu’à l’inceste. Il est nécessaire de penser l’inceste de façon systémique et non en terme de responsabilité individuelle, l’envisager non pas comme une exception pathologique, mais comme une pratique inscrite dans la norme qui la rend possible en la tolérant, voire en l’encourageant.
Nous exigeons donc des moyens pour que l’éducation et la prévention soient prioritaires dans les budgets de politique publique afin de renforcer le pouvoir d’agir de nos enfants et afin de les protéger de ces crimes !
Et en même temps, que peut-on attendre d’un système pénal et carcéral qui enferment des individus de façon indigne et contraire aux droits humains ? Des prisons où les violences perdurent et où le taux de récidive à la sortie est énorme ? C’est un système punitif et non réparateur où les agressions sexuelles perdurent au sein-même de la prison tandis que la société continue de véhiculer des schémas patriarcaux et dominants envers les enfants.
Et n’oublions pas que le renforcement du système punitif (augmentation du nombre de prisons, augmentation des arrestations, augmentation de la répression et des peines fermes...) est au service des partis conservateurs, nationalistes et racistes comme l’ultra droite et le Rassemblement National qui récupèrent la cause des enfants pour incarcérer des personnes des classes populaires et subissant du racisme.
C’est pourquoi nous pensons, qu’il est autant nécessaire et vital de protéger les victimes, que d’agir auprès des agresseurs de violences sexuelles dans des dynamiques de réparation et de transformation hors du système carcéral tel qu’il existe aujourd’hui.
Le crime de Lyhanna et la « dite » faille judiciaire n’est pas conjoncturelle mais structurelle.
Parce que nous refusons un système qui déconsidère, abandonne, domine, maltraite et permet le viol et le meurtre de milliers d’enfants.
Parce que trop de paroles d’enfants sont minimisées et ignorées.
Parce que protéger les enfants devrait être une priorité.
Parce que derrière chaque affaire médiatisée, il y a des milliers d’autres enfants dont les histoires ne feront jamais les gros titres.
Ce n’est pas un fait divers : c’est une énième défaillance systémique des institutions, c’est une faillite politique.


